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24/10/2011

Vinocamp Paris 2011 - Synthèse




« Vinocamp, quand les étoiles du vin se rencontrent, ça fait des étincelles ! »Emilie Wine

Un moment de réflexion intense sur les problématiques du vin, web, nouvelles technologies et changements à venir. C’est surtout l’occasion de rencontrer des grands et des petits d’un monde aux milles acteurs.

Voilà ce que ça a donné au Forum de la Bellevilloise à Ménilmontant.

1. Le bloggeur et sa liberté d’expression.
Ou comment les talents du net souffrent parfois d’auto-censure.

Antonin commence sur ce sujet brûlant :
« L’auto censure, c’est un mauvais choix ! ».

De la à dire qu’on peut trouver un intérêt à la provocation, il n’y a qu’un pas. Le Vindicateur,  comme son nom l’indique, est connu pour son expression vindicative et tente ici de convaincre les timides à mettre le feu aux claviers.
«  On peut parler de tout en n’importe quoi en parlant de vin tant le sujet est transversal. »

- « Nous sommes indépendants ! » Répondent à priori les bloggeurs.
Paloma souligne : je suis fidèle à ma ligne éditorial léger sympa, pour ouvrir le vin aux jeunes.
Rester dans le cadre d’une thématique, le blog se crée par conviction, par esprit contestataire pour exprimer l’avis d’un « citoyen ».

 C’est aujourd’hui la forme la plus aboutie d’un l’espace de liberté absolu.

Le bloggeur s’inscrit pourtant dans un registre plus perso, égocentrique.
« Quand on lit un article de presse, on s’en fout du journaliste. Sur un blog on vient lire une personne, un style. » Ophélie Neiman.
Communiquer en parlant de soi marche.


Vient la nécessité de distinguer bloggeur et journaliste, sans pour autant les opposer.
Car s’il l’on est bloggeur « pro », s’il l’on veut être prit au sérieux, le bloggeur doit rapidement développer des capacités journalistiques : trouver & vérifier ses sources, écrire dans un style compréhensible et adapté à son lectorat.

« Je n’ai aucune contraintes ! » s’exclame Bernard Burtschy.
Il explique ensuite qu’il « attaque de front », sans oublier d’argumenter d’autant plus que toute polémique demande deux fois plus de travail de justification.


Créer une polémique pour être lu, ça s’est vu, mais il faut avoir les épaules pour critiquer.

« La thématique, la personne, ses engagements et contraintes professionnelles conditionnent la liberté de parole d’un bloggeur. » Shirley Jagle
Il est cependant vrai que tout article restera nuancé selon les publicités de l’annonceur, de la plateforme de publication, de la thématique.

L’équipe du Figaro précise : « Ce que l’on perd en pub on le gagne en crédibilité »

Si un bloggeur est accommandant, il en découle une perte de crédibilité et d’intérêt. « Je fais le choix du vigneron, je ne vais pas où l’on me demande ». Emmanuel Delmas.


2. Dégustations en ligne (dites virtuelles ?)

Lancé par Antoine Leconte étudiant de l’ESC Dijon, on parle ici d’une dégustation bien réelle mais à distance.

Merci Skype !
Grâce aux nouvelles technologies, le vigneron peut choisir de faire acte de présence virtuelle avant, pendant ou après la dégustation de ses vins.

Pour un cout limité, l’expérience de dégustation peut être retransmise, en direct ou streaming, et ouvrir des perspectives à des vignerons dont le temps est précieux.

Différents modèles économiques sont envisageables : un particulier peut acheter une caisse et avoir une dégustation personnalisé par le vigneron pour commenter sa dégustation, cela est aussi envisageable pour la presse où des échantillons seraient envoyés par avance.

Les cépages day ( #cabernetday #chardonnay etc) ont une audience pour le moment trop limité aux « wine geek » pour espérer en retirer un bénéfice concret.

Certains se sont déjà prêtés au jeu :
Régis Chaigne, le syndicat des vin de bordeaux avec des dégustations commentées en live ! «  On peut toucher des influenceurs qu’on ne connaît pas » Régis.

«  Si c’est que de l’achat ça ne sert à rien. » Guillaume Coulon de Webcaviste insiste sur le fait que le but d’une telle dégustation doit rester la rencontre. La prestation ne doit pas être payante mais le particulier achète les vins qu’il va déguster.

Marc Vanel nous a tous fait rêver en annonçant la diffusion prochaine d’un programme de dégustation en direct sur RTBF destiné au grand public.
Si seulement nous pouvions aussi éduquer au vin par la télévision en France aussi !

En résumé, un vigneron virtuellement à la maison, une expérience de dégustation hors du commun qui n’en est pas moins passionnante.

Le Vinocamp c’est tout cela mais aussi bien d’autres choses, comme le souligne Laurent Baraou « Chacun vient avec ses objectifs ».

Rencontrer des passionnés passionnants, ça vaut le détour.



« C'était bien à Ménilmontant qu'on avait l'impression de descendre
Et tel que c'était parti, c'était pas fait pour revenir
On était des vrais aveugles avec les idées claires
Aujourd'hui, impossible d'arrêter cette chanson »
La rue Ketanou - Impossible

13/07/2011

VinoCamp Bordeaux 2011 - Synthèse


Le Vinocamp est une joyeuse réunion des acteurs du monde du vin, dans toute leur multiplicité, qui se retrouvent régulièrement pour parler web et réseaux sociaux, en confrontant leurs points de vue, en apportant des solutions à ceux qui sont dans l'impasse.
Les rencontres s'articulent autour d'ateliers, définis en début de matinée et animés par les participants eux-mêmes.


Vin-gtième Sens était là !
Voici un résumé des ateliers auxquels nous avons participé...




VINOCAMP Bordeaux 2011

> Faut-il réinventer le marketing et la communication ?

Aujourd’hui dès l’envoi d’un message sur internet, la réponse est attendue dans l’immédiat. Les meilleurs résultats sont obtenus en essayant de concerner le public auquel on s’adresse. La question de la pertinence des envois automatiques se pose donc.

Les automatismes sont-ils mauvais ?
Ils peuvent être mal perçus par les  audiences de facebook et twitter. Il faut tenter de créer le débat en concernant les gens, ce qui requiert un certain degré de  personnalisation.

Sur tweeter pensez court. Sur Facebook  illustrez !
Les prochains réseaux où il faut être présent : four square et google plus, ce dernier ayant déjà dépassé le bouton « retweeter ».

Par où commencer lorsqu’on part de rien sur les réseaux sociaux ?
Il faut personnaliser les échanges et l’ajout de contacts, valoriser le travail que l’on fait. La collection de contacts n’a pas de sens si une relation n’est pas construite avec eux.

Quelle cible ? Comment contrôler ce qu’on dit de moi ?
Avec l’avènement des nouvelles technologies, il est impossible de contrôler tout se qui se dit sur sa marque en ligne. Le meilleur moyen de canaliser les critiques reste d’être accessible et ouvert à la discussion en ligne, en répondant diplomatiquement aux altercations. Il faut être prêt à répondre de tout. Car ce qui plaît en ligne sont les valeurs de transparence, personnalisation et authenticité.
Mais la tyrannie de la transparence n’est pas loin, s’il faut être social, il faut l’être totalement ce qui peut s’avérer être très aliénant et chronophage. Que les community managers se le disent : On n’est jamais aussi bien défendu que par ses fans.

Quels défis à surmonter ?
La qualité des membres d’un groupe, la temporalité relative, la fréquence des post.
    


Est-ce la fin du « Nous avons sélectionné pour vous ? »

Les consommateurs de vins peuvent être segmentés en 2 groupes : les prescripteurs –découvreurs et amateurs avertis du monde du vin qui aiment gouter et tester tout en étant des internautes actifs, et le grand public, consommateur final qui souhaite se laisser guider. Il est bon de rappeler que 75% du vin est acheté en supermarché, par des femmes.

Les premiers, connaisseurs du mondovino n’attendent pas que l’on sélectionne pour eux mais bien que les vendeurs de vins leurs prodiguent des conseils : des accords mets-vins, des bonnes affaires, des privilèges. Des recommandations oui, du pousser à la vente non. Ce groupe constitue un petit pourcentage des 15 millions de consommateurs réguliers de vin en France, aux alentours des 1%. Malgré leur faible nombre, ils n’en sont pas moins influents et on ne peut se passer de leur approbation. A l’inverse le grand public, majoritairement néophyte, recherche des conseils complets et a besoin d’être guidé dans son choix. Il se fie aux classements, cherche idées et conseils auprès de ses proches en premier, puis auprès de son caviste, sur le point de vente, sur les blogs et enfin dans la presse (d’après la baromètre Sowine). Toujours selon la même agence, si 1/3 des acheteurs de vins se renseignent sur le net, la majorité préfèrent acheter … dans un point de vente physique !
 Les évaluations et attentes de ces deux groupes vis à vis du vin sont diamétralement opposés : quand les presque pro parlent de construction, d’équilibre et de compétences, les autres recherchent le prix, parlent de plaisir et on d’avantage une approche hédoniste.

Il est donc nécessaire de jouer sur les deux tableaux : convaincre les prescripteurs découvreurs et le grand public ; à la fois dans le monde réel et virtuel.

Si la multiplication des blogs de vins et dégustateurs peut parfois ressembler à une joyeuse cacophonie, certains avancent que nous sommes dans une période de changement de prescripteurs, ni plus ni moins. De ce fait, des influences diminuant, des places sont à prendre et la bataille d’influence fait rage.

De la même manière, la vente en ligne et le développement du e-commerce n’offre pas une désintermédiation, mais plus une ré-intermédiation : Ebay peut être vu comme l’intermédiaire qui remplace les dépôt ventes de neuf ou d’occasion etc. Ces intermédiaires restent indispensables : ils assurent la logistique de vente et la mise en relation.


> ROI et les écueils de Facebook.

Le problème d’une présence sur les réseaux sociaux reste que cela requiert du temps et donc des moyens humains. Sans compter que l’intérêt d’un investissement est difficilement perceptible : les indicateurs quantitatifs ne sont pas adaptés à une mesure de l’impact d’une activité en ligne. On sait qu’une action bien menée commence par la définition d’une stratégie et plan de route, avant de passer à l’action et à l’utilisation des outils choisis. Il faut noter qu’une petite communauté soudée et active parlera plus en votre faveur qu’un millier d’anonymes désengagés.

Ici, les réseaux généralistes où l’ont recherche un contenu intéressant, une récurrence et une dynamique d’interaction s’opposent aux réseaux professionnels  fréquentés par les amateurs avertis recherchant des avis, potentiellement futurs clients et qui sont dans un processus d’achat.


Rendez-vous au prochain, le 22 octobre à Paris !
Plus d'infos sur le site officiel > VinoCamp


Un grand merci à Andrea Schmitz pour ses photos !

16/06/2011

Vins d'Israël et du Liban - Citadelles du vin Bordeaux

 Le Moyen Orient à l’honneur
Les citadelles du vin 29/05/2011


Une rencontre entre deux univers totalement opposés, et pourtant voisin. D’une part l’Isräel représenté par Mr Yotam Sharon, Œnologue et directeur de Barkan Wine Cellar, d'autre part le Liban Par Elie Maamari œnologue et directeur commercial du Château Ksara.

Isräel
Carte des vignobles d'Israël

La grande tendance: c’est un vignoble qui s’étend en 2009 il représentait 4300 hectares de vigne pour 44 000 tonnes de raisin, aujourd’hui en 2011, 5000 hectares. Les parcelles sont mécanisées, la main d’œuvre étant rare donc chère.

Les régions viticoles sont réparties sur l’ensemble du territoire par petites zones

Au nord la région de la Galilée:

- La basse Galilée 
- La haute Galilée 
- Le plateau Golan
(entre 400 – 1200 mètres d’altitude)

Pour ces trois sous-régions, la même typicité des sols Argilo Calcaire, les journées sont chaudes et les nuits fraîches. Il fait un peu plus chaud sur toute la basse Galilée.

Sur la côte 

- La Samarie :
Première région viticole plantée dans le pays (carignan 25-30 ans), un sol Calcaire à tendance Argilo. Le climat est chaud et humide.

Dans les terres  

- Samson au Sud de Telaviv :
L’encépagement est majoritairement Syrah et Pinotage sur des sols Agilo calcaire.
En blanc une typicité du pays l’Emerald Riesling (croisement de Riesling et de Muscadelle). 

- Colline de Judée à l’ouest de Jérusalem :
Sol Argilo Calcaire très caillouteux. L’encépagement Petit Verdot, Cabernet Sauvignon, Cabernet Franc et Syrah. Le premier vin noté par RP était dans cette partie du pays.

- Negev au Sud du pays :
C’est la plus petite région viticole du pays, elle subit de grosses variations de température. Des essais d’implantions du Pinot noir ont été fait mais se sont soldés par un échec ; l’encépagement et donc Merlot et Cabernet.
Les blancs produits dans la région sont ramassés mi- juillet.
La pluviométrie est de 80 mm par an, de ce fait un goutte à goutte est installé.


Golan Height
Tous les vins sont cashers :

- Suivant la règle alimentaire Judaïque
- Vinifiés par des juifs pratiquants
- Vendanges à partir de la 4ème année
- Les produits œnologique sont certifiés casher.




 Le Liban
Carte des vignobles du Château Ksara

C’est une région historiquement viticole, les Phéniciens ont implantés la vigne. La surface viticole plantée est de 2000 hectares répartis en trois régions principales :
- 62 % Vallée de la Bekaa
- 31 % Nord du Liban
- 7 %   Mont Liban

La production représente 6,7 millions cols : 
 - 74 % de rouges
- 14 % de Blancs
- 11 % de Rosés
- 1 % de Doux

Le rendement moyen est de 35 hecto / hectare. Contrairement à l’Israël les vins / vignes ne sont pas casher, pas mécanisées et pas irriguées. 

Galerie souterraine du château Ksara
 La vallée de la Bekaa est située à une altitude de 1110 mètres, la pluviométrie moyenne est de 700mm. L’hiver et froid, l’été chaud. Les vendanges sont réalisées la nuit alors que la température n’excède pas des 12-15°c
Le domaine possède une galerie souterraine de plus de 2 km.


Une conférence des plus enrichissante sur des vignobles méconnus auprès du grand public !









12/06/2011

Le marché des réputations - Sociologie des grands Crus de Bordeaux

Le marché des réputations 
Sociologie des grands Crus de Bordeaux



L'association Cepdivin a réuni acteurs et étudiants de la filière viticole à l'ISVV le mercredi 18 Mai 2011  autour du sociologue Pierre Marie Chauvin pour discuter de sa thèse et de son livre récemment paru, étudiant le microcosme des Grands Crus du bordelais.

  
Voici une synthèse non exhaustive de cette rencontre.
Pierre Marie Chauvin - Maitre de conférence à Paris Sorbonne.
Gérald Mazaud - Représentant Cepdivin, Conseil régional d'Aquitaine. http://www.cepdivin.org/


SOMMAIRE

I. Introduction
1. Cadre de l'étude 
2. Statut et Réputation

II. Etude
1. Dispositifs statutaires ( Classement )
2. Dispositifs chiffrés & ritualisés ( Prix, notes )
3. "Entrepreneurs" et carrière de réputation

III. Conclusion et questions


I. INTRODUCTION

1. Cadre de l'étude

--> Démarche Empirique: Description du fonctionnement des grands crus de Bordeaux auprès des professionnels.

--> Démarche Théorique: Ouvrir la "Boite noire"


Pierre Marie Chauvin (PMC) a pris en considération l'ensemble des évaluations des grands crus, "la place de Bordeaux" et par conséquent l'ensemble des professionnels impliqués. Cela représente donc environ 200 crus (plus selon les années), analysés à travers des archives, entretiens personnels, observations et diverses médias (Internet, presse, radio, etc.).
La volonté est d'étudier la base articulant la clôture statutaire et les dynamiques de réputation.

La réputation n'est pas le reflet d'une performance ou d'une qualité. Plusieurs sources et cibles se combinent pour former la réputation d'un vin, d'un domaine, d'une marque.

2. Statut et Réputation

--> Statut : accordé de manière officiel, ex: 1er cru classé.

--> Réputation: fait suite à une évaluation sociale et informelle, ex: Second vin d'un château.


II. ETUDE

1. Dispositifs statutaires ( Classement )

Construction et maintien des hiérarchies : le classement du vignoble bordelais est stable et lisible.
A l'époque, la classification de 1855 a été établie d'après le prix des vins sur la place de Bordeaux. 
Elle a été discuté en 1973, discussion qui a durée plus de 20 ans pour aboutir à une mise à jour restreinte : un concours pour les 1er cru classés uniquement, permettant à Mouton Rothschild de passer de second à premier cru classé.

Les seconds crus sont ceux qui contestent le plus les premiers, cependant les critiques envers cette classification n'étant par organisées en collectif, il y a peut de chance à ce jour qu'elles aboutissent.
Sans compter que derrière tout concours, notamment à Saint Emilion, suit une dynamique judiciaire lourde de remise en cause perpétuelle de la légitimité des évaluateurs et des critères de jugement:
Quelle indépendance ? Quelle transparence ? 


2. Dispositifs chiffrés & ritualisés ( Prix, notes )

Ces prix et notes sont fixées au moment d'un des plus grand temps fort de la vie viticole bordelaise: la campagne primeurs. Le règne du chiffre est source de grandes incertitudes pour les châteaux.
Ces fameux primeurs sont ritualisés aussi bien pour l'organisation des dégustations que pour les transactions. La hiérarchie s'établit en fonction du niveau des prix et du timing des annonces.

--> La fabrique des prix
Le prix des vins en primeurs n'est ni le résultat de la rencontre de l'offre et de la demande, ni le fait de producteur isolés et autosuffisants, mais bien représentatif d'enjeux organisationnels, cognitifs et réputationnels.

--> Enjeux organisationnels
Il existe des enjeux internes aux crus, qui dépendent des la structure de l'actionnariat, de la gestion des domaines: via managers ou par le propriétaire ...
Le prix de sortie est un signal de réputation.
Les enjeux externes aux crus sont aussi essentiels : avoir la bonne information, tester des tranches de prix auprès des négociants et courtiers, entretenir le réseau professionnel et oser bluffer !


--> Enjeux Cognitifs
Ces enjeux sont relatifs à la connaissance du produit, quels éléments vont être prit en compte ?
Soit exogène comme les stocks marchants, les qualités du cru estimées par les tiers, la conjoncture.
Soit endogène, à l'instar des avis des techniciens, des volumes et coûts de production, et des prix passés.

--> Enjeux Réputationnels
Classements, notes, observations et catégorisations réciproques.
Le prix affiché est un engagement de l'identité et de la réputation.

Quand publier les prix ? Qui suivre ? 
Les fenêtres d'opportunités sont surveillées de près : il s'agit d'être le plus visible et réactif possible.
La construction d'un statut s'élabore à travers le prix, bien que la croyance populaire tende à penser l'inverse.


3. "ENTREPRENEURS" et carrière de réputation

Une nouvelle division du travail s'instaure par la multiplication des consultants, oenologues, commerciaux, marketing...
Cela prend la forme d'une "plateforme relationnelle" de consultants apposant leur signature.
La gestion de cette signature s'avère être difficile car elle se fait au détriment du nom du domaine, c'est pourquoi les consultants oenologues se disent être avant tout des révélateurs de terroirs.

Il existe des styles de vin comme il existe des styles de consulting.

Parker a ainsi construit sa réputation en trouvant un certain équilibre entre révolution (Pavie Macquin, Vallandraud) et classicisme ( Haut-Brion, Margaux). Le critique est en position d'équilibriste.


III. CONCLUSION

Le monde des grands crus bordelais est certes stable, mais pas immobile
Il est essentiel de gérer les transferts de réputation en envoyant les bons signaux: un équilibre entre conformisme et singularité.
Ce jeu de réputation est une incitation à travailler le vin améliorer sa qualité avant tout.

Ce livre s'adresse à tous : il est intéressant aussi bien pour les outsiders de la filière, pour qui il fournit les bases d'un fonctionnement subtil, que pour les professionnels de la place pour qui il peut aider à se situer.


Questions :

"Dans quelle mesure l'accès à la place de bordeaux relève de l'inné ou de l'acquis ?"

- Il est certain que pour travailler dans le monde du vin, l'inné peut beaucoup jouer puisque qulqu'un qui sera baigné toute son enfance dans cet univers aura plus facilement un intérêt pour le vin.
Cependant, ces dernières années la filière s'est professionnalisée et l'on a vu de nouveaux entrants apparaitre, avec une diversification des recrutements et parfois même des personnes sans formation spécifique.


"Quelle est la part d'influence de l'étiquette dans une dégustation ?"

- L'influence du nom - et donc de l'étiquette - reste très forte pour les professionnels. Cela est notamment du à l'humilité du dégustateur : il sait qu'il n'est pas infaillible, qu'il peut lui aussi se tromper et l'étiquette permet donc de se situer dans ce vaste paysage. 
Il est en effet très délicat de définir un vin à un instant donné tant l'incertitude d'évaluation est grande.


"Est ce que la pluralité des médias peut nuire à la lisibilité de l'information et de l'offre ?"

- On observe une certaine congruence à travers les médias quant aux réputations et aux notes distribuées.
Par ailleurs  cette diversification peut être très intéressante à exploiter et il est possible de jouer avec les sources pour construire une réputation.



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